Compte rendu de la réunion syndicale des secrétaires d’IEN du vendredi 6 novembre 2015

30 secrétaires d’I.E.N. du Nord et du Pas-de-Calais étaient présents à la réunion organisée à la Bourse du Travail de Lille à l’initiative du SNASUB-FSU afin de manifester leurs désapprobations face à la dégradation de leurs conditions de travail.

3 heures durant, plusieurs points ont été abordés :

  • Augmentation de la charge de travail :

La gestion du personnel enseignant du 1er degré : il y a quatre ans, ARIA a été mis en place : c’est le logiciel de gestion des absences des enseignants du 1er degré, de leurs remplacements, du paiement des indemnités de déplacement (I.S.S.R.) des brigades, de la mise à jour des emplois du temps. Ce nouvel outil informatique – c’est là tout le paradoxe – a fortement dégradé les conditions de travail des secrétaires d’I.E.N…

Suite à la nouvelle organisation des rythmes scolaires, nous devons lors des affectations des brigades en remplacement des enseignants absents tenir compte de leur organisation réglementaire de service de 24 h.

Toute heure dépassée est récupérée. Ce qui n’est pas simple car beaucoup de circonscriptions manquent de brigades pour couvrir l’intégralité des remplacements. Cette récupération est quasi-impossible. Le travail de secrétaire d’I.E.N. nécessite une amplitude de travail large car la gestion des remplacements nous oblige à commencer tôt (ce qui a des conséquences sur l’organisation de la vie privée des secrétaires notamment pour ceux et celles qui ont des enfants en bas âge scolarisés), l’accueil du public notamment des enseignants que l’on convoque pour remise de documents ou signature de procès verbaux d’installation ou rapports d’inspection, nous oblige à rester au-delà de 17 heures notamment pour les circonscriptions de campagne qui sont bien souvent étendues et éloignées des écoles. La gestion des décharges (temps partiels, directions d’école, mi-temps thérapeutique…), les congés (maladie, longue maladie et longue durée), les autorisations d’absences diverses alourdissent aussi fortement la charge de travail.

L’envoi des justificatifs d’absence par les enseignants pose beaucoup de problèmes car nombre d’entre eux ne respectent pas le délai de retour fixé par l’institution à 48 heures, une responsabilisation des enseignants est demandée.

Les secrétaires d’ASH demandent à bénéficier d’une véritable brigade de remplacement pour ne pas avoir à solliciter les inspections proches afin de disposer de moyens de remplacement disponibles rapidement.

Les circonscriptions en REP+ ont une charge de travail supplémentaire très importante. Outre l’organisation très complexe des pondérations, les secrétaires d’I.E.N doivent également procéder à la saisie de celles-ci sur le logiciel ARIA ce qui nécessite une mobilisation considérable de leur temps de travail.

De nombreux secrétaires de circonscription se plaignent des multiples bugs et dysfonctionnements du logiciel ARIA, ce qui génère une perte de temps considérable.

Tout cela étant aggravé par le fait que les collègues des services académiques ne travaillent pas avec ARIA mais avec ERVALCO – ce qui rend la communication difficile en cas de difficultés.

La gestion des grèves : les circonscriptions rurales ont un travail plus important à effectuer car elles comptent beaucoup d’écoles de 1 à 4 classes ce qui a pour effet de déclencher plus rapidement le passage du seuil des 25 % de grévistes et donc la mise en place du SMA (service minimum – qui doit être assuré par les communes).

A cela s’ajoute le nombre élevé de communes qu’elles ont à prévenir en cas de grève car certaines circonscriptions peuvent compter plus de 30 communes sur leur territoire.

La réforme des rythmes scolaires accentue encore plus les difficultés car chaque commune à son fonctionnement au niveau des horaires.

La tenue du standard téléphonique, l’accueil des usagers du service public (parents, enseignants, partenaires, autres (mairies, livreurs …)) contribue à dégrader les conditions de travail car nous sommes souvent interrompus dans nos tâches.

La messagerie électronique est une source de stress important pour les secrétaires car c’est un flux ininterrompu de messages auxquels il faut bien souvent répondre rapidement. On constate une cacophonie d’ordres et de contre-ordres, de rectificatifs, de messages qui ont le même objet et le même contenu mais qui sont envoyés en plusieurs exemplaires par des services différents et visiblement sans concertation.

L’abondance de consignes, de circulaires, de dispositifs à mettre en place, avec des délais de réponse imposés sans concertation. Les nombreux messages concernant des ordres de mission pour les stages reçus quotidiennement posent problèmes car ils concernent bon nombre de circonscriptions, cela oblige les secrétaires à faire défiler à l’écran des centaines d’O.M., pour extraire ceux qui les concernent et les renvoyer dans les écoles.

Le courrier, qui depuis la gestion des absences a augmenté d’une manière exponentielle.

Le classement, du fait de la gestion des absences, de la gestion des carrières des enseignants, du courrier, de la messagerie électronique, des rapports d’inspections et de l’archivage de tous les documents traités dans l’année, oblige les secrétaires à s’afférer à avoir leur classement à jour faute de quoi celui-ci devient ingérable. L’augmentation de la charge de travail fait que beaucoup de secrétaires se plaignent de ne plus avoir leur classement à jour et doivent faire plus de permanences pendant les vacances scolaires pour rattraper le retard accumulé.

La complexité des dossiers qui nécessite de la formation que nous n’avons pas. Nous nous auto-formons. Les collègues contractuels, néo-titulaires ou mutés en inspection sont souvent déstabilisés lors de leur prise de fonctions car ils se retrouvent seuls sans avoir au préalable été formés. Suite à l’action menée par le SNASUB avec les collègues il y a deux ans, des tuteurs secrétaires d’I.E.N sont nommés pour aider les nouveaux collègues. Mais l’exercice de leur fonction est rendu compliqué car leur charge de travail est importante et en plus il faut répondre aux sollicitations diverses et variées des personnels «tutorés».

         2) Les problèmes techniques et le manque de moyens humains :

Problèmes techniques :

– Le débit des connections Internet fourni aux I.E.N. est très insuffisant pour couvrir leurs besoins. Les problèmes de lenteurs de navigation et de «plantages» récurrents lorsque nous sommes plusieurs à travailler sur le réseau font qu’il est impossible de travailler dans des conditions normales. A cela s’ajoute l’obsolescence des ordinateurs mis à disposition des secrétaires. Ces problèmes nous font perdre énormément de temps alors que notre hiérarchie nous demande de travailler vite et de gagner en efficacité dans l’exercice de nos missions.

– Certains collègues se plaignent de travailler dans des locaux mal entretenus et au mobilier de bureau vétuste à l’origine de TMS (troubles musculo-squelettiques).

– Certaines inspections n’ont pas connu de rafraîchissement au niveau peinture, tapisserie depuis leurs implantations. Ce qui n’améliore pas les conditions de travail.

– La gestion des commandes administratives est fastidieuse : il faut consulter ou télécharger via un lien internet fournit par la DSDEN le catalogue Lyreco afin de pouvoir passer commande. Quand on a un débit faible, comment fait-on ? Il faut souvent passer plusieurs heures rien que pour commander.

Le budget alloué par la DSDEN est de 140 € HT. Ce qui est bien souvent insuffisant pour couvrir les besoins des équipes.

– Les problèmes récurrents avec la navette DSDEN : les jours de passage ne sont pas toujours respectés – soit le jeudi ou le vendredi – ainsi que les heures de passage. On constate des problèmes dans la transmission des documents : nous recevons souvent des documents qui auraient dû être acheminés vers d’autres circonscriptions.

– Le renouvellement prochain des photocopieurs : les secrétaires sont inquiets car certains n’auraient plus la possibilité d’utiliser le format A3, de scanner et de faxer des documents.

Problèmes humains :

Les secrétaires sont bien souvent seuls à l’Inspection, ce qui n’est pas sans poser problème sur le plan de leur sécurité notamment lorsqu’il faut faire face à un public agressif et/ou alcoolisé. Certaines inspections implantées dans des quartiers difficiles font souvent l’objet de dégradations, d’incivilités voire de cambriolages.

         3) Stress au travail :

Ces dégradations des conditions de travail engendrent un malaise, voire un mal-être engendrant des risques psycho-sociaux. Tout est fait dans l’urgence.

Le recours systématique aux heures supplémentaires est pour beaucoup le seul moyen de faire face à la surcharge de travail. Or celles-ci ne sont ni payées ni récupérables. Les récupérations sont d’autant plus inenvisageables que celles-ci pourraient amener la fermeture des bureaux de la circonscription et donc l’interruption du service public.

L’alimentation du compte épargne temps est systématiquement rejetée par la DSDEN.

Beaucoup de collègues font remarquer qu’il y a du travail pour deux personnes en circonscription.

Nombre de collègues déclarent ne pas s’arrêter lorsqu’ils sont malades car ils ne sont pas remplacés. Seules les absences de plus de 15 jours le sont. Et même en cas de remplacement, les collègues remplaçants n’ont bien souvent jamais travaillés en inspection ni n’ont jamais été formés, ce qui a pour conséquence qu’à leur retour de congé maladie, les secrétaires titulaires doivent corriger les inévitables erreurs de leurs remplaçants ou traiter des dossiers, qui de part leur technicité, n’ont pu l’être.

Conclusion :

Tous les collègues présents nous ont exprimé un attachement fort à leur poste et au service public de l’Education Nationale. A des degrés divers, tous les collègues présents nous ont également fait part de leur mal-être au travail. Pour tous, cela est essentiellement dû au sentiment qu’ils éprouvent de ne plus se trouver en position de faire comme ils le disent eux même « correctement leur travail ». Tout est fait dans l’urgence et la notion même de service public est remise en cause. Certains nous font part de répercussions sur leur vie privée.

La pression hiérarchique accentue ce mal-être, plusieurs nous ont dit être en situation conflictuelle avec leurs inspecteurs. Nous sommes également informés qu’à ce jour une circonscription du Nord a déjà vu se succéder 3 secrétaires (1 stagiaire et 2 contractuels) qui ont l’un après l’autre renoncé face à la charge de travail. Une quatrième personne doit être prochainement nommée.

Certains secrétaires dont les Inspecteurs prennent en charge des missions supplémentaires confiées par les services académiques (missions, groupes de travail, formations,…), voient souvent leur charge de travail s’alourdir encore.

Les relations avec les services de la D.S.D.E.N. sont souvent compliquées, beaucoup ont l’impression d’être abandonnés. Les ordres, les injonctions et le ton péremptoire parfois employés par les services académiques sont mal-vécus par les collègues, même si nous savons qu’eux-mêmes subissent la pression de leur hiérarchie.

Les relations avec les directeurs d’école ne sont pas aisées. Ceux-ci sont écrasés par la charge administrative liée aux fonctions qu’ils exercent parfois sans décharge, ce qui entraîne de nombreux retards et oublis et nécessite d’incessants rappels.

La simplification des tâches administratives permettrait de mieux faire face aux sollicitations. La mise en place de groupes de travail à la D.S.D.E.N. où les secrétaires pourraient faire remonter les problèmes est demandée par tous.

La plupart des collègues sont en catégorie C alors que les fonctions de secrétaires d’I.E.N. de part leur complexité relèvent de la catégorie B. Un repyramidage est demandé.

L’investissement est tel qu’il devrait y avoir une augmentation des indemnités.

Afin d’alléger le travail des secrétaires d’I.E.N, beaucoup demandent la création de brigades de secrétaires qui pourraient aider.

Certains secrétaires disent ne pas recevoir les informations (circulaires et autres) sur leurs avancements, mutations, temps partiels…

Actions programmées :

Au regard de la souffrance au travail des secrétaires d’I.E.N et de leurs conditions de travail difficiles, le SNASUB va intervenir fortement lors du prochain C.H.S.C.T. spécial services, mais aussi auprès du futur Secrétaire Général d’Académie, pour demander la mise en place de brigades de remplacement pour renforcer les secrétariats en place et l’octroi d’indemnités pour les collègues travaillant dans les zones en REP et REP+. Nous insisterons également pour que le Groupe de Travail qui a été créé à notre demande, puisse également accueillir des collègues représentatifs travaillant dans le département du Pas-de-Calais et en ASH pour améliorer les conditions de travail de tous les collègues.

Benoît Naveau – Membre titulaire C.H.S.C.T. – S

Nicolas Bous – Commissaire paritaire académique des catégories C

Eric Fouchou-Lapeyrade – Co-Secrétaire Académique

LAURENT DELBECQCompte rendu de la réunion syndicale des secrétaires d’IEN du vendredi 6 novembre 2015