La formation professionnelle donnée au secteur privé !

L’apprentissage : un peu d’histoire…

Au XIXème siècle et jusque dans les années 1930, la formation professionnelle était une prérogative pratiquement exclusive de l’employeur. Au XXème siècle, les luttes sociales ont permis de créer un cadre protecteur du salarié, des diplômes ayant pour objectif de « former l’homme, le travailleur, le citoyen » et les conventions collectives qui en découlent.

Après avoir été de la compétence de l’Etat, la gestion de l’apprentissage a été transférée aux Régions, progressivement depuis 1983 et intégralement depuis 2014.

Il est indiscutable que le système présente certaines carences : un système de formation socialement injuste et de reproduction sociale (dans le pré-bac, il concerne essentiellement les classes défavorisées), parfois inefficace (toujours dans le pré-bac, un grand nombre de contrats est arrêté au bout de quelques semaines ou de quelques mois, laissant l’apprenti sans solution et moralement « cassé »), qui ne fonctionne qu’en période de prospérité des entreprises et sans vision à long terme pour l’individu comme pour la société (il ne permet pas à un travailleur de pouvoir être mobile géographiquement, professionnellement ou même de répondre aux évolutions de son secteur d’activité sur plusieurs dizaines d’années).

Cependant, si on lui en donnait les moyens, l’apprentissage constituerait une solution intéressante et valorisante pour les jeunes et leurs parents.

Et aujourd’hui ?

Actuellement, malgré la publicité pro-apprentissage, un financement à la hausse, le subventionnement intégral en Région Hauts de France pour l’embauche d’un apprenti de bac pro la première année, l’apprentissage est en forte baisse au niveau pré-bac et ne progresse qu’au niveau post-bac.

Prenant prétexte de ce constat d’échec, Emmanuel Macron veut remettre en cause l’enseignement professionnel. Il va bien au-delà des espérances les plus folles du MEDEF : Emmanuel Macron est en effet prêt à transférer la gestion totale de l’apprentissage aux branches professionnelles, ce qui revient à en donner la gestion aux organisations patronales.

Pour nous, laisser gérer l’apprentissage et une partie de la formation professionnelle par le privé, c’est :

renoncer à être ambitieux pour chaque jeune de notre pays, à former l’homme, le travailleur et le citoyen de demain,

– empêcher l’accès à la formation de son choix,

– rompre le droit à l’égalité pour chaque Français d’accéder à une formation professionnelle de qualité sur tout le territoire.

LAURENT DELBECQLa formation professionnelle donnée au secteur privé !